LE 4 AVRIL 1814 : ABDICATION DE L'EMPEREUR.
Pour se souvenir ......Il y a deux cents ans .....
Le 4 avril, à Fontainebleau
Vers onze heures du matin, Ney, Berthier, Caulaincourt, Moncey, le Duc de Bassano, et le Maréchal Lefebvre, étaient réunis dans la salle à manger de l'Empereur : Ils y attendaient ses ordres.
Napoléon parut , sa figure était chargée de soucis. "Restez!" leur dit-il. d'une voix brève et encore impérieuse. Puis, sans proférer une parole de plus, il déjeuna précipitamment, rentra seul dans le salon, et y fit presque aussitôt appeler ces mêmes personnages, acteurs ou témoins, excepté le Duc de Vicence, de la scène décisive qui avait eu lieu la veille.
Là, comme aux autres levers, on se rangea en cercle, debout, et dans une attitude immobile, attentive et silencieuse. L'Empereur, au contraire, dans une vive agitation, allait, venait à grands pas, ses regards fixé à terre, se débattant intérieurement contre la nécessité, et ne pouvant s'arracher à lui-même le cruel aveu de sa défaite !
Cette lutte muette était douloureuse, elle dura trois minutes. Enfin, relevant brusquement la tête, il parcourut des yeux ces grands officiers, évite ceux de Ney, s'arrêta devant le maréchal Moncey, et, regardant Caulaincourt:
"Eh bien, oui, s'écria t’il avec effort, puisqu'ils ne veulent plus traiter avec moi, puisque ma résistance serait cause d'une guerre civile, je saurai me sacrifier au bonheur de la France: j'abdiquerai ! "
A ces mots, Moncey se précipita, saisit la main, la baisa, et lui dit :" Ah ! sire, vous sauvez la France ! Recevez mon tribut d'admiration et de reconnaissance !" puis, comme L'Empereur le regardait avec surprise, il ajouta : " Ne vous y méprenez pas; c'est mon sentiment, Sire; mais ordonnez, et partout où vous le voudrez, je n'en suis pas moins prêt à vous suivre ! "
Ce second mouvement, digne du coeur de Moncey, frappa moins l'Empereur que le premier cri de ce maréchal.
II appela Fain, reçut de sa main le projet d'abdications, et le remit au Duc de Vicence. Ce dernier lut alors, à haute voix, l'acte suivant :
"Les puissances alliées ayant proclamé que l'Empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'Empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu'il est prêt à descendre du trône, à quitter la France, et même la vie, pour le bien de la Patrie, inséparable des droits de son Fils, de ceux de la Régence de l'Impératrice, et du maintient des lois de l'Empire"
Fait à Fontainebleau, le 4 avril 1814
Le 5 avril, il apprend le refus de Paris: l'abdication absolue est nécessaire.
Le 6 avril, il rédige la deuxième formule de l'acte d'abdication, renonçant pour lui et ses héritiers aux couronnes de France et d'Italie