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        À l'heure de la bataille, les chirurgiens rejoignent leur poste à l'ambulance régimentaire, lieu improvisé, situé près des premières lignes, sur les ailes, à la fois poste de premier secours et antenne chirurgicale. Le jour de la bataille également, l'hôpital ambulant ou dépôt d'ambulance se met en place derrière le gros des troupes et va attendre les blessés qui ont reçu les premiers secours dans les ambulances régimentaires.
Napoléon ne veut aucun non-combattant sur le champ de bataille qui pourrait gêner le mouvement des troupes, progression des bataillons d'infanterie et charges de cavalerie. Il mise sur la souplesse, la rapidité d'action et la surprise, en un mot sur une maîtrise du terrain que rien ne doit venir entraver pour obtenir une victoire décisive. Cela veut dire qu'aucune équipe sanitaire ne doit se trouver sur le terrain au moment de l'action.

Les blessés demeurent là où ils sont tombés, s'ils ne peuvent s'écarter du lieu du combat par leurs propres moyens : la règle est formelle. A la veille de chaque bataille, l'ordre du jour, commenté par les officiers au bivouac, ne manque pas de rappeler qu'il est interdit sur l'honneur de quitter les rangs au cours du combat pour porter secours aux blessés, et encore plus de les transporter à l'arrière.... puis oublier de rejoindre ensuite leurs camarades sur la ligne de feu.
Ces malheureux doivent donc attendre que la bataille s'éteigne pour espérer un secours. La nuit tombée, leurs appels retentissent, auxquels répondent parfois des camarades cependant exténués, qui consentent à les rassembler auprès des feux allumés ici et là, jusqu'au lever du jour.

Des voix écoutées comme Percy, Larrey ou Heurteloup ne cessent de préconiser le ramassage précoce des blessés et des gestes de secours rapides dans les heures qui suivent la blessure pour donner des chances de survie à ces malheureux.
C'est ainsi qu'à leur initiative, surtout des deux premiers, furent créées les ambulances mobiles pour soigner et évacuer rapidement les blessés sur le champ de bataille.
Deux types de voitures seront employées sous le Premier Empire : les ambulances volantes de Larrey et les « Wurtz » de Percy.

Les moyens d'évacuation sont très insuffisants, les blessés sont alors empilés dans des voitures de cantinières, des charrettes de paysans réquisitionnées tirées par des bœufs ou de mauvais chevaux, des berlines d'officiers généraux, voire même des voitures mises à disposition par Napoléon et le grand état-major.
La lamentable errance dure des jours, des nuits, dans le froid, la neige, sous la pluie ou dans la chaleur. Aucun soin n'est donné pendant le voyage et presque pas de nourriture. Les blessés ne quittent pas un seul instant la charrette sur laquelle on les a jetés ; leurs pansements ne sont pas refaits. Beaucoup meurent en cours de route. Morts, mourants et vivants ne sont pas séparés les uns des autres jusqu'à l'arrivée à l'hôpital de campagne.

Les maladies épidémiques (typhus en tête, dysenterie, gangrène, choléra…) font beaucoup plus de victimes que les blessures de guerre. La médecine n'est encore que très empirique, sans véritables moyens thérapeutiques, et les mesures d'hygiène ne sont pas appliquées aux troupes en campagne. Et puis, il y a toujours cette guerre de mouvement qui ne permet pas de bien s'occuper des blessés et malades que l'on laisse à l'arrière.

 

(Merci aux sources)

Géricault La charrette des soldats blessés 1818 lithographie

Géricault La charrette des soldats blessés 1818 lithographie

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